|
Tout avait une couleur indéfinissable parce qu'inexistante L'horizon avait disparu, notre regard n'était plus interrompu Nous avions une sensation de vertige face à cet infini
L'air était un mélange de soie et de vent, si doux si tiède L'eau n'était ni froide ni humide, elle avait un parfum de bien être Les saisons n'existaient pas, sur chaque arbre sans feuille Poussaient des regards de chats qui ne tombaient jamais
Des gens autour de nous, plus qu'une présence, un sentiment Aucune notion de temps, ni présent, ni avenir Juste de fabuleux instants ...
Et cette odeur du bonheur au-delà même du bonheur Nous entourait tels des murs invisibles, intouchables Baignant dans cet univers d'absolu, une étrange impression De tristesse, d'angoisse et de révolte m'envahit J'ouvris les yeux ... Que le bonheur doit être fatiguant !
Tags associés : Reve
Jeudi 03 Mars 2011Poster un commentaire
Pluie qui rit sous le vent Chante sa triste mélopée Rêve de lumière Mais noire en cette clarté Portant très haut l'auréole
La pluie fouette les visages, ruisselle, s'étale sur les pavés
Ecoutez, écoutez ...
Je l'entends me dire
J'ai cent mille ans, me dit-elle, vieille, ridée, je voudrais dormir
Condamnée par la nature, pour l'éternité sans cesse
Quand fatiguée, je m'arrête, le soleil mon ennemi m'assèche
Je retourne alors dans mes guenilles, ces lourds nuages gris
Vole un instant de ce temps pour m'endormir et m'assoupis
Mais je ne dors que d'un oeil et attends le moment propice
Gentiment mue par éole pour pleurer sous d'autres auspices
Vous ne voyez que de l'eau, pauvres mortels, se sont mes larmes !
A l'heure où le voile du temps
Brume d'automne
Enveloppe les halos
Tout au bout du chemin
Les branches devenues cassantes
De l'arbre de vie
S'accrochent en tremblant
A la flamme vacillante
Du bougeoir des jours
La meurtrissure des ans
Egraine son chapelet
Au tic tac suspendu
Du balancier céleste
Pour un voyage sans retour
Puis arrivent les heures vides, sans fin
Dont on mesure l'espace
Et l'on songe à tout ou à rien
Autant de pensées fugaces
On patiente, on s'attend même à retrouver
Demain, comme par magie
L'énergie, qui, un instant s'est retirée
Et le temps s'enfuit ...
Les arbres flambent de tous feux
A l'heure où se meurent les nids
La vie s'abîme sous nos cieux
Tendresse cachée sous une pluie froide
Gifle sans fin l'herbe et les feuilles
Gelant, jusqu'à fendre l'aurore
De l'enfance multicolore
Trouvez-nous le soleil musique
Pour réveiller au ciel dormant
L'aube lustrale des lys blancs ...
Jeudi 03 Juin 2010Poster un commentaire
Pris dans un piège - nous avons été pris dans un piège. Nous sommes entrés là par l'étroit passage qui mène aux cages des fauves. Et puis l'arène. Je l'ai vue à moitié pleine en entrant. Nous nous sommes imbriqués les uns dans les autres, comme les roues d'une machine.
Notre masse s'augmente, cela est sensible par la lente vague d'étouffement qui nous atteint par la nuque, venant de loin derrière nous - transmise par chaque corps, à l'autre corps, aux autres mitoyens.
La peur. Toutes les possibilités de nous détruire. Ils ont les possibilités, contre nous tous. Notre impuissance - nos hurlements sans voix - nos chairs trop brûlantes, trop emmêlées. Une seule respiration. La chaleur s'accroît - la douleur s'accroît - insensible début de la folie, de la panique. La grande peur qu'ils nous tuent. Déjà, par moments, la question de savoir comment - pour s'apaiser.
Rue emplie de pourriture et désertée de morale Vendeurs de mort attendant les avides de rêves
Drogue et alcool, seuls moyens d'avoir une trêve
Des images ténébreuses qui planent autour de nous qui transpercent nos regards dans une solitude profonde. Ne laissant à nos pauvres yeux que le soin de suinter ; beaucoup plus qu'entre les larges pierres d'une muraille et presque autant qu'un vaisseau dans l'ivresse. Anges sortant des bas-fonds pour un avenir iniquement clair : nous vivons, aimons et mourons sans jamais espérer.
Des enfants aux pieds nus jouent avec des ordures Des navires de carton voguent dans les caniveaux Pas de faux-semblants, un seul mot d'ordre, survivre
Nous aimons à déboires, éprouver le désespoir, au coeur d'une vague qui se veut la vie, pendentif usé par les temps, tu nous rappelles chacun à notre tour que l'amour est incertain à ceux qui comptent les jours ...
De nos corps ouverts, petit à petit, nous gagnons la sanguinolence de nos entrailles, le cerveau répandu - l'horreur dans la flaque chaude de notre sueur, qui dévore déjà le premier cadavre. Certains déjà, sont morts, debout. Ils restent accrochés dans la masse compacte, comme une volonté rétrospective de ne pas mourir, de rester avec nous jusqu'à la fin - la nôtre, ensemble.
Mercredi 02 Décembre 20091 commentaire(s)
|
Rubriques
Publicité
Mon profil
Derniers commentaires
A découvrir
Campagne membre |