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Il est un lieu de tous les paradoxes et de toutes les hyperboles. Le jardin réunit tous les arts - Peinture, architecture, sculpture, poésie ... - Qu'il intègre tout en les révélant. Aussi, donner une analyse exhaustive du jardin serait une tâche encyclopédique.
" Tout le bizarre de l'homme, écrivait Aragon dans le Paysan de Paris ... Et ce qu'il y a en lui de vagabond, et d'égaré, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes : jardin. "
Le mythe place le lieu idéal de l'humanité dans le ventre maternel. Pour les anciens Grecs, c'était Kepos. Le concept, indissoluble de fécondité-fertilité-vie-désir du lien heureux, se relie au jardin, trouve encore son expression dans les Kepoi des grandes dames homériques et ne se tarit pas avec le monde païen, mais persiste dans le monothéisme judéo-chrétien. Le Cantique des cantiques et ses interprétations médiévales convergentes dans le culte et dans l'iconographie mariale continuent cette tradition.
Qu'y a-t-il de mieux pour la vie qu'un jardin ? Nous sommes tous nés dans un jardin, ventre maternel, la Grande Mère. Le lieu exprime les désirs et les espoirs mûris dans l'éternel espace féminin : métaphore de la vie et image éthique de comportement.
Tags associés : Jardin
Mardi 17 Février 2009Poster un commentaire
La sphère de la poésie est sans doute un bon observatoire de ces contradictions qui, quel que soit notre rapport aux choses de l'esthétique, nous traversent de part en part. Dans un monde qui, depuis quelques millénaires, a fait de la parole son bruit de fond et sa monnaie d'échange, les poèmes prennent acte de ce bruissement, l'écoutent, le travaillent et le recyclent en un silence particulier. Le temps - c'est-à-dire amour et mort - ... est le thème essentiel de la poésie. A ce thème du temps, et aux deux thèmes qui le composent, j'aimerais ajouter celui du désir qui est lié, de manière opposée, à amour et à mort. En effet, désir est intrinsèque à amour : il n'y a pas d'amour sans désir - vouloir connaître, être, et partager avec l'autre est désir. Par contre, quand nous cessons de désirer - lorsque nous cessons, par exemple, d'aimer, de lire, d'écrire, et finalement, de vivre - lorsque le désir de toute chose s'éteint ... Il y a mort. Si bien que comprendre aujourd'hui ces lambeaux détachés vifs du corps omniprésent de la langue, ces bribes de parole pleine, c'est d'abord être disposé à écouter le travail du silence dans nos échanges qu'il effraie, et que souvent il ruine. Inquiétante étrangeté du poème, son poids de non-sens, son odeur animale, son pouvoir de défiguration ... Et peut-être est-ce au moment où il repense les figures les plus énigmatiques de l'incompréhension, qu'il se tient au plus près de l'évidence poétique : de ce noyau de nuit que chaque poème vient peser en nous, et dont quelquefois il nous délivre un peu.
" Quand à la poésie qui ne veut rien dire de particulier à personne, qui est et qui n'est que le résidu externe d'un mouvement intérieur et parfaitement gratuit, désintéressé, voire absolument vain, elle ne comporte aucune obscurité. Elle est comme tout ce qui vous entoure et que vous ne pouvez pas entourer - tout ce que vous ne savez pas que vous êtes - savoir si vous êtes - et tout ce dont vous parlez tous les jours, en termes si simples, brillants ou compliqués et dont vous ne reconnaîsez pas le contour ni le visage si quelqu'un vous arrête et vous demande de quoi vous voulez exactement parler. "
Les mots font briller la voûte idyllique et toujours espèrer leurs caresses. Un temps fort, un temps où l'imaginaire rêve ... Le temps que l'âme retrouve la trace effacée ...
" Mon regard sur les mots sont l'objet de mon inspiration instantanée. Les mots tombent sur cette page. Expression qui laisse mon âme livrée à l'inspiration du moment ... Message, état d'âme, passion, rêve et poésie. Imagination singulière qui rend visible l'invisible à dévoiler le caché, à nous faire accéder aux régions où le voir devient vision et le langage, instrument d'une opération de dépassemen du réel. Les rêves s'accumulent, source de l'idéalisme, forme spirituelle esence des sens ... J'arrive vers l'inconnu et quand je finis par perdre l'intelligence de mes visions, je les ai vues ! Je m'assis en tailleur et contemple le monde que je viens de créer."
Tags associés : Poesie
Jeudi 05 Mars 2009Poster un commentaire
J'écris par plaisir, et quand j'ai le cafard, quand je suis angoisé, l'écriture me donne un point d'appui. J'ai une existence de papier, et quand je n'écris pas, je m'ennuie ... Quand j'étais adolescent, j'écrivais la nuit des choses terribles que m'inspiraient mes insomnies. Et en même temps je vivais tous les jours. C'est à ce moment-là que j'ai pris l'habitude de tremper mon stylo à cartouche dans un encrier ; cette double alimentation est à l'image de ce que je fais, elle prend sa source de l'intérieur et de l'extérieur. De même que j'ai commencé à m'édifier quand j'ai eu autour de moi des gens intelligents, compréhensifs, sensibles et solides. J'y ai puisé beaucoup de force alors que je n'étais, avant, qu'un jeune auteur paumé, qui n'avait jamais rencontré un écrivain de sa vie et qui n'avait rien sur quoi s'appuyer. Je ne sais pas écrire de romans et j'en écrirai jusqu'à ce que je sache.
Jeudi 03 Décembre 2009Poster un commentaire
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